26 nov. 2014

De l'avantage d'être pauvre

Je vis dans un quartier privilégié. J'habite en plein centre-ville, mais dans une ruelle étrangement reculée et verdoyante en bord de rivière, plein sud, avec vue sur les arbres et la rive en face au loin. La perfection. Toutes les maisons du chemin sont de très belles maisons, grandes et bien orientées, avec dedans, plein de beaux et riches propriétaires très fiers d'habiter là, c'est un peu wisteria Lane avec un côté terroir, quoi.
Bref, ils gagnent tous 2,3,4000 euros par mois, multiplié par deux, ce qui peut éventuellement faire jusqu'à 4 ou 5 fois plus que moi...!
Moi je suis la petite prof locataire qu'on regarde avec un air un peu condescendant...

De ce fait, je ne me permet pas d'être malheureuse en dehors de mes galères d'argent. C'est impensable. Au contraire, c'est ce qui créé d'une certaine manière mon bonheur. L'argent est une telle source de tracas, que voir mes enfants me mets en joie, que cela développe ma créativité dans tous les domaines: loisirs (je peins), cuisine (je fais), ménage (je m'occupe et je suis fière quand c'est bien propre chez moi), déco (je fouine, je chine), vêtements (je dégote les meilleures occasions sur le net) etc. Je me contente des petits bonheurs et je m'oblige à les remarquer, à les mettre en avant. Je crois que si j'avais beaucoup d'argent, je ne ferais peut être pas attention à toutes ces petites choses, ou je ne les assimilerais pas à quelque chose qui peut me rendre heureuse.