25 août 2014

La nostalgie et la fidélité

Voilà deux concepts intrinsèquement liés qui me questionnent en ce moment. Je suis dans une phase de nostalgie intense où je me plait à essayer de reconstituer les morceaux de mon enfance que je me suis si longtemps appliquée à détruire parcelle après parcelle, morceaux après morceaux, pour des raisons finalement simples à comprendre: une rancoeur envers les parents qui m'ont beaucoup délaissé enfant. Je ne veux aucunement faire pleurer dans les chaumières et je sais qu'on est finalement assez nombreux à avoir subi ce désintérêt et à apprendre à un certain âge (ou à un âge certain) à nous aimer nous même puisque personne d'autre ne le fera à notre place...

Me voilà donc dans cette phase d'apprentissage de ma vie. J'ai, pendant 20 ans détruit mon passé comme quelqu'un déchirerait méticuleusement chaque page d'un journal intime de plusieurs tomes. Aujourd'hui il ne reste rien que des souvenirs et me voilà prise d'une violente crise de nostalgie! Envie d'une lampe Tizio, d'un canapé moelleux en cuir marron (tiens ça me rappelle quelque chose... Le salon de mon enfance peut être?), envie de racheter les Nike blazer que je portais au lycée, de réécouter mes vieux Pixies...

Et je me dis: "mais est-ce que c'est ça la fidélité?" Rester attaché aux choses qu'on a toujours aimé? Est-ce que c'est si bien que ça? Comment faire le tri entre ce qui est juste de l'ordre de la nostalgie (un canapé marron, non mais ALLO?) et ce qui est fidèle à ce qu'on est, à ce qu'on aime? En gros, qui suis-je? (ah putain c'est bon d'avoir un blog pour en arriver à des questions aussi existentielles... ;) )